L'étude de Julien Grenet, chercheur en économie au CNRS et à l'Ecole d'Economie de Paris 

Le titre de l'étude laisse penser à un canular. "La date de naissance influence-t-elle les trajectoires scolaires et professionnelles?", du chercheur Julien Grenet, semblerait donc à première vue digne de finir sur une étagère aux côtés des dernières analyses astrologiques sur la conjoncture économique, des relations croisées entre les envols de pigeons parisiens et le cours de la Bourse, ou des dernières prévisions de Nostradamus sur la deuxième partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Mais s'arrêter à cet a priori serait une grossière erreur. Parue dans Revue économique de mai 2010, et révélée au grand public par le journal Le Monde, cette étude très sérieuse dresse un constat peu enviable des lourdeurs du système éducatif français, et de ses impacts à long terme sur les trajectoires professionnelles de ceux qui en sont les victimes.

Premier constat, apparemment assez ésotérique : les personnes nées en décembre ont des salaires inférieurs à celles nées en janvier, de 2,3% pour les hommes et de 0,7% pour les femmes. La relation entre date de naissance et salaires pourrait paraître difficile à établir en-dehors de ce simple constat statistique, et pourtant l'auteur de l'étude y parvient : ces écarts, assure-t-il, trouvent leur origine dans la scolarité, au cours de laquelle les élèves nés en décembre, qui ont souvent un différentiel de maturité avec les natifs de début d'année, rencontrent davantage de difficultés.

Tout commence avant le cours élémentaire

L'apport majeur du chercheur, selon Le Monde, est de démontrer que "le système éducatif français présente deux caractéristiques institutionnelles qui contribuent à amplifier les effets de la date de naissance : la pratique massive du redoublement et l'orientation en fin de troisième". A 15 ans, 51% des élèves nés en décembre ont redoublé contre seulement 35% de ceux nés en janvier. Mais les résultats de l'étude indiquent que l'essentiel des effets du mois de naissance intervient au cours de la scolarité primaire - et dès le cours élémentaire.

Ainsi, "à l'âge de 11 ans, les élèves nés en décembre ont une probabilité d'avoir redoublé à l'école primaire supérieure de 14 points à ceux qui sont nés en janvier, ce qui représente un taux deux fois plus élevé". Et en augmentant la probabilité de redoubler, le mois de naissance ne se limite pas à retarder la progression des élèves dans le cursus éducatif, il influence aussi "significativement" les choix d'orientation en fin de troisième : naître en décembre augmente la probabilité d'être orienté en lycée professionnel plutôt qu'en lycée général. Ce qui se traduit par une probabilité plus grande de quitter l'école avec un diplôme de l'enseignement professionnel (+3 points de pourcentage) plutôt qu'avec un diplôme de l'enseignement général (-3 points), et explique au final les différences de salaires.

Par TF1 News le 28 décembre 2010 à 14:12

évaluations de CP tout juste terminées avant Noël...qui avaient commencé le jour de son anniversaire!!!! (3 décembre!)

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